Pour obtenir une autopsie et des informations détaillées fournies par des scientifiques et des institutions locales sur le phénomène d’eutrophisation (mucus marin) observé au niveau de la mer depuis jeudi dernier, le sous-ministre de l’Environnement et de l’Énergie George Amyras s’est rendu à Lemnos, accompagné du Secrétaire général de la Nature Environnement et eau, Konstantinos Aravosis.
Sur place, George Amyras a inspecté de près les zones côtières de l’île. Il est monté à bord d’un navire de pêche pour assister à l’échantillonnage mené par des plongeurs de l’Institut de recherche sur les pêches (IN.ALE), au large de Lemnos. À cet endroit, l’une des plus vastes prairies de Posidonia de la Méditerranée s’étend sous la surface ; l’écosystème marin local s’y révèle particulièrement vulnérable face à ce phénomène inédit.
Le vice-ministre de l’Environnement et de l’Énergie a déclaré : « Nous agissons avec méthode, en coordination avec les responsables du ministère de la Marine et de la Garde côtière. Des plans d’action sont déjà prêts pour répondre à chaque scénario possible, afin de préserver coûte que coûte l’écosystème marin de la mer Égée du Nord, le tourisme et la pêche. »
De son côté, le Secrétaire général chargé de l’environnement naturel et de l’eau a précisé : « Nous travaillons main dans la main avec les organismes scientifiques, exploitant les dernières technologies pour analyser les données et déterminer rapidement la composition et la progression du phénomène. Cela nous permettra de prendre sans délai les mesures nécessaires. »
Le directeur de recherche de l’INALE, Sotiris Orfanidis, a tenu à rassurer en soulignant : « Selon nos relevés et observations sous-marines, la prairie de Posidonia se porte très bien. »
Le RIS a indiqué qu’un échantillonnage poussé a été réalisé par les inspecteurs de l’environnement du RIS, avec le concours de la Garde côtière. Ils se sont rendus sur plusieurs plages, eaux de Shala, Platy, Thanos, Evgatis, Plaka, Moudros, Avlonas, Nea Madytos, Ai Giannis, pour vérifier la situation, avec une attention particulière portée à la qualité des eaux de baignade.
À présent, l’ensemble des prélèvements sera transmis à Demokritos, au Centre national des biotopes et des zones humides (EKBY), ainsi qu’au laboratoire spécialisé dans les microalgues toxiques marines de l’École de biologie de l’Université Aristote de Thessalonique, pour l’analyse scientifique approfondie.
Dans le même temps, les spécialistes n’ont pas lésiné sur les moyens : données satellitaires, photographie aérienne avec drones, tout est mobilisé. L’équipe du Département d’océanographie et de biosciences marines de l’Université de la mer Égée, dirigée par le professeur Konstantinos Topouzelis, a déjà recueilli des données dans les eaux du sud-est de Lemnos. Celles-ci ont été transmises au Centre de recherche marine d’Elliniko (HCMR).
Sur le terrain, le sous-ministre s’est entretenu avec les autorités locales, le préfet de Lemnos, Angelos Vlatas, le maire Dimitris Marinakis, ainsi que des professionnels de la pêche. Ils ont partagé leur ressenti sur l’ampleur du phénomène. Il leur a confirmé que le RIS, en lien avec le ministère de la Marine, a préparé un plan d’action spécifique en cas de prolongement de l’eutrophisation dans toute la zone marine.
Les analyses livreront leurs premiers résultats dans les prochaines 24 heures. On saura alors si l’eutrophisation observée en mer de Lemnos peut être reliée à la présence de mucus planctal déjà signalée dans la mer de Marmaras. Jusqu’ici, la vigilance demeure, et chaque acteur mobilisé attend ce verdict pour adapter la riposte, car la santé de la Méditerranée ne laisse aucune place à l’attentisme.

