Le nouveau nom de la Perse expliqué simplement

Le chat persan moelleux, ou autre chat persan, est l’un des chats les plus populaires. C’est étrange, mais le chat persan, appelé en persan « Gorbe-ye irāni », c’est-à-dire un chat iranien, appartient aux races de chat les plus anciennes, bien qu’il ne provienne même pas de l’Est !

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Reconnaître un chat persan, c’est d’abord croiser ce pelage long, fin, avec un sous-poil dense qui donne cette allure presque royale. Mais attention, tous les chats à poil long ne sont pas persans. Pour être reconnu comme tel, il faut bien plus que de la longueur. Le standard de la race impose un ensemble de caractéristiques précises, bien au-delà du simple aspect soyeux du manteau.

Selon les différentes associations d’éleveurs, la description du persan varie un peu, mais certains critères restent incontournables. On parle d’un chat de taille moyenne à grande, le mâle pouvant atteindre sept kilos, la femelle s’arrêtant autour de six. Le corps, massif, repose sur des pattes courtes et robustes, terminées de petites touffes de poils entre les orteils, un détail recherché par les passionnés.

Le poil long ne fait pas tout : le visage du persan est tout aussi typique. Sa tête ronde, large, surmontée d’oreilles arrondies (avec, idéalement, des touffes de poils), et surtout ce nez très court, qui doit s’arrêter entre les yeux. Ce fameux « stop » ne doit pas être trop haut ni trop bas par rapport à la ligne des paupières. Cette particularité lui donne une allure unique, mais elle n’est pas sans conséquences : certains éleveurs dénoncent les excès qui conduisent à des problèmes de santé, et préfèrent l’ancien standard au nez plus long, même s’il n’est plus d’actualité dans les concours.

Pour ce qui est de la robe, le persan se décline dans presque toutes les couleurs imaginables. On croise des persans noirs, blancs, rouges, bleus, mais aussi chocolat, lilas, crème. Il existe aussi des versions bicolores, tricolores (les fameuses « Tortoises ») et même des persans « Smoke », dont les poils sont colorés sur la longueur mais restent blancs à la racine. Quand seules les pointes sont pigmentées, laissant la base argentée, on parle de variante « Shaded ».

Le chat persan partage sa silhouette avec les Exotic Shorthair et les Colourpoints. La différence ? Elle tient à la longueur et à la texture du pelage, ainsi qu’aux coloris. Pour illustrer : en 1933, l’une des plus grandes associations félines d’Europe reconnaît la race « Exotic Shorthair ». Même gabarit, même caractère, mais ses poils courts rappellent le pelage d’un ourson. Quant au « Colourpoint » (aussi appelé chat de l’Himalaya), il est issu d’un croisement entre persan et siamois. Il répond au standard persan mais arbore les couleurs typiques du siamois : des points foncés sur les extrémités. On retrouve ainsi des robes noires, rouges, leurs équivalents dilués (« bleu », « crème »), « chocolat », « cannelle », « lilas », « jaunâtre », toutes pouvant présenter des marquages « point » distinctifs.

personnage

Les persans vivent au ralenti, et c’est ce tempérament placide qui leur vaut tant d’adeptes chez ceux qui cherchent un compagnon d’intérieur. Leur goût limité pour l’aventure en fait des chats idéaux pour une vie en appartement. Ils apprécient la présence humaine, recherchent volontiers les caresses et s’attachent durablement à leur famille.

Mais leur calme ne les prive pas de leur instinct félin : même le plus placide des persans a besoin d’explorer, grimper, jouer. Un environnement stimulant, même modeste, reste indispensable à leur équilibre. Inutile de transformer votre salon en salle d’escalade : quelques aménagements bien pensés suffisent à satisfaire leur curiosité et leur besoin de mouvement.

Pour illustrer les indispensables, voici ce qu’il faut prévoir pour le bien-être d’un chat persan :

  • Un arbre à chat ou un griffoir, pour permettre au chat d’aiguiser ses griffes et délimiter son territoire
  • Des lieux en hauteur, comme un hamac de fenêtre ou un coussin sur un radiateur, pour observer le monde à distance
  • Des jeux simples, pour stimuler l’instinct de chasseur, même chez les plus calmes

Griffer n’est pas un caprice, mais une nécessité : le chat retire ainsi les parties usées de ses griffes et marque son espace grâce aux glandes odorantes situées sous ses coussinets. Sans équipement adapté, même le plus doux des persans risque de s’attaquer aux meubles. L’arbre à chat, en plus du griffoir, offre un poste d’observation apprécié : bien souvent, ils aiment dominer la pièce du regard, perchés en hauteur.

Histoire

Longtemps, on a pensé que le persan venait d’Orient, plus précisément du plateau du Makryhair. Il est vrai qu’au XVIIe siècle, des chats à poil long venus de Perse, l’actuel Iran, arrivent en Europe et servent de base à la sélection du persan. Mais les analyses génétiques récentes ont bouleversé cette histoire : les ancêtres du persan moderne sont en réalité des chats domestiques russes à poil long. Aucun lien génétique n’a été trouvé avec les populations asiatiques originelles.

Le terme « persan » apparaît avec la création des premières associations d’éleveurs, au début du XXe siècle. Auparavant, on parlait surtout de « chat turc d’Ankara » pour désigner ces félins à poil long. Le standard a beaucoup évolué : front plus bombé, crâne raccourci, pelage de plus en plus dense. Ce choix esthétique n’a pas été sans dommages : l’essor des élevages de masse, notamment aux États-Unis, a entraîné des dérives. On a vu apparaître des chats au nez de plus en plus écrasé, yeux larmoyants, sujets aux inflammations, à des problèmes respiratoires et à des difficultés pour s’alimenter. Cette sélection poussée a déclenché la polémique sur ce que l’on appelle « l’élevage de la souffrance ». Mais de quoi parle-t-on vraiment, et où se situe aujourd’hui le persan du XXIe siècle ?

Santé

La législation allemande, par exemple, pose des limites claires : l’article 11b de la loi sur la protection animale interdit toute sélection ou modification génétique qui provoquerait des douleurs, des handicaps ou des anomalies héréditaires chez les animaux. Il interdit aussi les croisements susceptibles d’engendrer des troubles comportementaux ou des maladies chez la descendance. En 1999, un rapport de 148 pages a été commandé pour évaluer l’impact de différentes pratiques d’élevage sur la santé des chats, chiens, lapins et oiseaux. Le persan y figure en bonne place, notamment en raison de la brachycéphalie (tête raccourcie et nez plat) qui entraîne des risques de malformations, de difficultés respiratoires et d’autres problèmes héréditaires. Malgré tout, il n’existe pas d’interdiction européenne ferme qui bannirait certaines lignes de race.

Heureusement, la situation a progressé grâce à des éleveurs passionnés et responsables. L’époque des élevages industriels, qui privilégiaient la quantité à la santé, s’éloigne. Aujourd’hui, certains problèmes persistent, mais le persan bien sélectionné affiche une robustesse surprenante, à condition d’une alimentation adaptée et de soins réguliers. Les principales maladies à surveiller restent la polykystose rénale, l’atrophie rétinienne progressive (qui peut conduire à la cécité), et la cardiomyopathie hypertrophique, fréquente chez de nombreuses races félines.

Ces pathologies sont toutes d’origine génétique, d’où l’importance de choisir un élevage qui pratique des dépistages réguliers. Un éleveur sérieux teste ses reproducteurs et élimine de la reproduction tout individu porteur de gènes à risque.

La polykystose rénale, par exemple, reste discrète jusqu’à un âge avancé : le chat peut transmettre le gène sans présenter de symptômes. L’échographie, accessible dès la dixième semaine de vie, permet de détecter la maladie à temps et d’écarter les animaux atteints de la reproduction. Faute de quoi, le gène continue à circuler dans la lignée.

Pour la cardiomyopathie hypertrophique, l’examen échographique du cœur s’impose également. Un diagnostic précoce, même si la maladie ne se guérit pas complètement, offre des solutions pour améliorer la qualité de vie du chat.

Il est conseillé de faire examiner régulièrement les chats reproducteurs par un vétérinaire afin de limiter le risque de transmission de maladies héréditaires. Si vous souhaitez adopter un persan auprès d’un éleveur, réclamez toujours les résultats des tests de santé des parents. Mieux vaut se méfier des vendeurs proposant des « chats de race sans papiers » à prix cassé : économies à l’achat, mais risques accrus de problèmes de santé coûteux par la suite.

Un éleveur fiable appartient généralement à une association reconnue, soumise à des contrôles réguliers sur les conditions de vie des animaux et la gestion des accouplements. Cette rigueur se répercute sur le prix : un persan bien élevé peut coûter jusqu’à 800 euros, et les reproducteurs de lignées certifiées peuvent dépasser 1500 euros. Mais ce tarif inclut bien plus que le chat lui-même : il rémunère le temps, l’expertise, la socialisation du chaton auprès de sa mère et de sa fratrie, dans des conditions favorisant l’équilibre comportemental avant le départ dans sa nouvelle famille, à partir de 12 semaines.

Soins

Attiré par la fourrure dense et soyeuse du persan ? Il faut savoir qu’un tel manteau exige un entretien rigoureux. Un brossage minutieux, idéalement quotidien, est incontournable pour éviter la formation de nœuds. Si le poil finit par s’emmêler sérieusement, il n’y a souvent que le vétérinaire qui puisse intervenir, mais la tonte ne doit pas inquiéter, le pelage repousse vite.

Durant les mues saisonnières, malgré tous les soins, une grande quantité de poils tombe. Des compléments comme la pâte de malt ou l’herbe à chat aident alors à limiter l’accumulation de poils dans le système digestif, et donc le risque de constipation.

Le nez court du persan implique parfois un nettoyage régulier des yeux et du museau. Un simple linge humide suffit généralement, la camomille est à éviter, elle peut irriter la zone oculaire. Leur morphologie particulière influence aussi leur manière de manger : le persan attrape la nourriture surtout avec la langue, et a souvent plus de facilité avec des aliments en purée qu’avec des morceaux.

Le choix de l’alimentation est un point à ne pas négliger : privilégiez une nourriture riche en protéines, où la viande figure en première position dans la liste des ingrédients. Les aliments humides sont à préférer, non seulement pour leur meilleure composition, mais aussi pour leur taux d’humidité plus élevé. Les persans, comme beaucoup de chats, boivent peu et couvrent leurs besoins en eau principalement via leur alimentation.

Le persan n’a pas volé sa place parmi les races favorites en Europe. Avec un élevage sérieux, des soins adaptés et une alimentation de qualité, les années à venir s’annoncent riches en moments complices avec ce félin d’exception.

À la fin, il ne reste qu’une certitude : un persan bien accompagné, c’est la promesse d’une présence douce, tranquille, et d’un regard doré qui vous suit dans la maison, attentif à tous vos gestes.

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