Le Costa Rica présente-t-il vraiment des risques pour les voyageurs ?

Dire que le Costa Rica inquiète les voyageurs revient à regarder le thermomètre pour deviner la météo d’un pays entier : la réalité s’avère souvent plus nuancée, plus mouvante aussi.

Le ministre du Tourisme, Haris Theocharis, s’est exprimé lundi matin sur Mega, pointant la montée des restrictions visant les arrivées en provenance de pays jugés « à risque », dans le contexte particulier de la diffusion du variant Delta. Les mots sont posés, la prudence de mise : cet été s’annonce comme un exercice d’équilibriste, admet-il sans détour.

« Nous faisons tout pour limiter au maximum les contraintes imposées aux voyageurs, mais hors de question de sacrifier la santé des touristes comme celle de nos concitoyens », insiste-t-il, conscient de la ligne de crête à tenir.

Pour illustrer ce casse-tête, Theocharis évoque la situation au Royaume-Uni : l’épidémie y flambe, le Portugal a vu les cas exploser en trois semaines à peine, suite à l’arrivée des Britanniques. L’Allemagne, de son côté, a décidé de placer les ressortissants portugais en quarantaine. Gérer ces flux, jongler avec les incertitudes, devient un exercice quotidien.

Le ministre détaille la stratégie : « Nous avons instauré un suivi strict pour les voyageurs venant des Émirats, du Royaume-Uni, du Portugal ou de Russie. Les taux de positivité sont analysés chaque jour, et depuis hier, toute personne arrivant de Russie doit présenter un test négatif, que la vaccination ait été réalisée ou non, à l’embarquement comme à l’arrivée sur le sol grec. » Cette vigilance, explique-t-il, s’applique depuis le début de la crise, avec des contrôles renforcés aux frontières. Dans les Balkans, la situation reste sous contrôle, un point régulièrement échangé avec les autorités sanitaires. Le vaccin Spoutnik, selon les épidémiologistes, démontre une efficacité jugée satisfaisante.

Pour la Russie, aucun passe-droit : tous les arrivants sont dépistés. En revanche, les voyageurs britanniques vaccinés échappent désormais à cette étape. Theocharis précise : « À partir d’aujourd’hui, 39 vols hebdomadaires en provenance de Russie sont autorisés. Nous n’en avons pas enregistré un volume important jusqu’ici, mais nous ne transigerons pas sur la sécurité sanitaire. Les mesures nécessaires seront prises pour protéger la population. »

L’outil-clé, c’est la fameuse carte épidémiologique et vaccinale, accessible à tous. Cette carte, mise à jour, permet aux voyageurs et aux professionnels du secteur de s’orienter : chacun peut choisir une région où la couverture vaccinale rassure. Pour chaque marché, un cadre adapté : c’est ce que défend Theocharis, qui voit dans ce dispositif un atout pour les agences de voyages et les tour-opérateurs.

Concernant les frontières terrestres, il rappelle qu’elles seront progressivement rouvertes avec des dispositifs spécifiques. Dès le 1er juillet, points d’entrée et de sortie seront opérationnels, notamment en Thrace, Bulgarie, Macédoine du Nord, accessibles 24h/24. Trois nouveaux postes douaniers sont en préparation pour fluidifier le passage. En revanche, la Turquie reste à distance : malgré son poids touristique, la situation sanitaire n’autorise pas d’ouverture à ce stade.

Pour ce qui est des perspectives, Theocharis refuse de s’aventurer sur le terrain des objectifs chiffrés. La priorité selon lui : garantir la qualité du dispositif et la sécurité sanitaire. Il juge trop pessimistes certains pronostics évoquant un taux d’occupation de seulement 25 %. Quelques personnalités ont déjà choisi d’annoncer publiquement leur venue pour les vacances, signe tangible d’une confiance qui renaît.

Face à la possibilité de mesures locales, le ministre ne laisse aucune place à l’ambiguïté : « Nous prendrons toutes les décisions nécessaires, sur chaque territoire, dès que la situation l’exigera. Personne ne peut se croire à l’abri, seule la vaccination offrira une porte de sortie à tous. »

Au fond, derrière les chiffres et les protocoles, une certitude : voyager n’a jamais été aussi étroitement lié à la responsabilité collective. Le Costa Rica, comme d’autres, surveille, adapte, ajuste, sans jamais baisser la garde. Impossible de prédire ce que réservent les prochaines semaines, mais une chose est sûre : la vigilance restera le meilleur allié des voyageurs comme des habitants.

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