Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur les frontières européennes : un simple visa Schengen a le pouvoir d’ouvrir bien plus que les portes de Paris ou de Rome. Derrière ce précieux sésame, un réseau complexe de pays, d’exceptions et de facilités attend les voyageurs avisés. Mais encore faut-il connaître la carte réelle des possibilités.
Visas Schengen et pays non membres de l’UE
Un visa Schengen, c’est une autorisation qui permet de se déplacer sans entrave dans vingt-six pays européens associés à cet accord. Pourtant, le Schengen offre parfois bien plus, à condition de bien connaître son fonctionnement. Espace Schengen et Union européenne sont souvent confondus, alors qu’ils recouvrent deux espaces différents. Certains pays appartiennent à l’un, mais pas à l’autre. Il existe donc plusieurs subtilités à maîtriser pour voyager sans mauvaise surprise.
Ce flou entre Schengen et UE a déjà conduit des voyageurs à certaines déconvenues. Prenons un exemple : avec un visa Schengen, il est impossible de passer la frontière britannique, même si ce pays appartenait à l’Union européenne jusqu’à récemment. À l’opposé, la Suisse, hors UE mais associée à Schengen, ouvre grand ses frontières aux détenteurs du fameux visa, sans formalités en supplément. Quant aux correspondances en Europe, passer par Londres nécessite un visa spécial, que l’on poursuive vers Madrid ou Helsinki.
Le visa Schengen vise avant tout le tourisme ou les affaires sur de courtes périodes. Impossible de s’en servir pour s’installer durablement, obtenir un séjour étudiant, ou travailler : il faudra, pour chaque projet, effectuer des démarches propres à chaque pays. Un point à ne jamais perdre de vue, sous peine de désillusion au passage d’un guichet.
Qu’est-ce que l’espace Schengen ?
L’espace Schengen rassemble 26 nations européennes ayant aboli les frontières entre elles. Le principe est limpide : libre circulation à l’intérieur, contrôle commun aux portes extérieures. Un résident du Danemark peut traverser la France et l’Espagne sans montrer le moindre passeport, tandis qu’un visiteur étranger, une fois entré sur le territoire Schengen, circule où bon lui semble entre ses membres, sans nouveau contrôle.
Pays de l’espace Schengen :
Pour situer les acteurs en présence, voici la liste complète des membres, certains au sein de l’UE, d’autres non :
- Autriche
- Belgique
- République Tchèque
- Danemark
- Estonie
- Finlande
- France
- Allemagne
- Grèce
- Hongrie
- Islande (hors UE)
- Italie
- Lettonie
Chacun de ces pays est accessible avec un visa Schengen, qu’il soit dans l’UE ou non.
- Liechtenstein (hors UE)
- Lituanie
- Luxembourg
- Malte
- Pays-Bas
- Norvège (hors UE)
- Pologne
- Portugal
- Slovaquie
- Slovénie
- Espagne
- Suède
- Suisse (hors UE)
Qu’est-ce que l’Union européenne ?
L’Union européenne forme un groupe politique et économique, avec 28 pays rassemblés autour d’un marché unique et de règles partagées. Les citoyens européens y circulent, résident et travaillent librement, sans barrière administrative majeure. Dix-neuf de ces États partagent également l’euro. Mais tous n’ont pas signé Schengen : l’Irlande et le Royaume-Uni, par exemple, ont toujours tenu à leur propre politique migratoire et contrôlent toujours leurs frontières externes.
Pays de l’UE :
En synthèse, voici l’ensemble des membres de l’Union européenne :
- Autriche
- Belgique
- Bulgarie
- Croatie
- Chypre
- République Tchèque
- Danemark
- Estonie
- Finlande
- France
- Allemagne
- Grèce
- Hongrie
- Irlande (hors Schengen)
- Italie
- Lettonie
- Lituanie
- Luxembourg
- Malte
- Pays-Bas
- Pologne
- Portugal
- Roumanie
- Slovaquie
- Slovénie
- Espagne
- Suède
- Royaume-Uni (hors Schengen)
Voyager au Royaume-Uni et en République d’Irlande
Le Royaume-Uni et l’Irlande sont à part. Pas d’accord Schengen, donc accès strictement contrôlé. Même pour une correspondance dans un aéroport londonien ou pour un court séjour à Dublin, un visa de séjour ou de transit sera à prévoir selon votre situation.
Pays non membres de l’UE ou de Schengen accessibles avec un visa Schengen
Le visa Schengen ne s’arrête pas là. Obtenir ce document, c’est coder un passe reconnu par d’autres États hors UE ou hors Schengen. Eux aussi accordent, parfois, un droit d’accès partiel à ceux qui détiennent ce visa, avec souvent quelques conditions.
Albanie
L’Albanie ouvre ses frontières aux détenteurs d’un visa Schengen à entrées multiples déjà utilisé dans l’espace. Ce détail est non négociable, mieux vaut l’avoir expérimenté pour entrer simplement dans le pays.
Antigua-et-Barbuda
Avoir un visa Schengen en cours de validité donne la possibilité de demander un visa à l’arrivée sur place.
Biélorussie
Certains voyageurs, par exemple ressortissants du Salvador, du Mexique ou de Macédoine du Nord, accèdent à la Biélorussie sans visa additionnel grâce à leur Schengen.
Bosnie-Herzégovine
Pour ce pays, un visa Schengen à entrées multiples utilisé dans l’espace Schengen ouvre la voie à un séjour de quinze jours.
Bulgarie
Un visa Schengen en cours de validité suffit pour séjourner jusqu’à quatre-vingt-dix jours sur six mois, sans démarches supplémentaires.
Colombie
Pour les détenteurs de passeport du Cambodge, de Chine, d’Inde, de Macao, du Myanmar, de Thaïlande ou du Vietnam, le Schengen est accepté pour un séjour de quatre-vingt-dix jours. Attention, le visa doit être encore valable six mois après l’arrivée. Les nationalités concernées sont :
- Cambodge
- Chine
- Inde
- Macao
- Myanmar
- Thaïlande
- Vietnam
Croatie
La Croatie admet les titulaires de visas Schengen à deux entrées ou à entrées multiples.
Chypre
On peut accéder à Chypre si l’on a un visa Schengen en cours de validité, pour un transit ou un séjour court.
Géorgie
La Géorgie permet l’entrée aux détenteurs d’un visa Schengen valide, à condition que ce visa concerne au moins un pays officiellement listé par les autorités géorgiennes.
Gibraltar
Pour les voyageurs venant du Maroc, de Chine, de Mongolie, d’Inde ou de Russie, un visa Schengen à entrées multiples, valide encore sept jours minimum, donne droit à un séjour de vingt-et-un jours.
- Maroc
- Chine
- Mongolie
- Inde
- Russie
Kosovo
Dans ce cas, un visa Schengen à entrées multiples encore valable offre la possibilité de rester quinze jours au Kosovo.
Macédoine du Nord
Un visa Schengen de type C encore valide au moins cinq jours après la date de sortie du territoire donne accès à un séjour de quinze jours maximum.
Mexique
Le Schengen donne accès au territoire mexicain pour le tourisme, les affaires ou le transit. Les visas États-Unis, Canada, Japon ou Royaume-Uni valent pour franchir la frontière de la même façon.
Monténégro
Un visa Schengen valide permet de rester jusqu’à trente jours sur cent quatre-vingt. Idem pour les titulaires de visas américains, britanniques ou irlandais.
Roumanie
Un Schengen ou un permis équivalent ouvre le séjour pour une durée de quatre-vingt-dix jours sur six mois.
Sao Tomé-et-Principe
Pour quinze jours maximum, un visa Schengen en cours de validité suffit pour entrer dans ce pays d’Afrique centrale.
Serbie
Depuis 2014, la Serbie autorise l’accès à ceux qui détiennent un visa Schengen, américain ou britannique.
Turquie
Beaucoup de nationalités profitent de l’accès facilité à la Turquie grâce à un Schengen, à condition de compléter la démarche par une demande d’e-visa pour trente jours. Cette procédure est entièrement numérique. Les nationalités concernées sont parmi les suivantes :
- Afghanistan
- Angola
- Bangladesh
- Bénin
- Botswana
- Burkina Faso
- Burundi
- Cameroun
- Cabo Verde
- République Centrafricaine
- Tchad
- Comores
- Côte d’Ivoire
- République Démocratique du Congo
- Djibouti
- Égypte
- Guinée équatoriale
- Érythrée
- Éthiopie
- Gabon
- Gambie
- Ghana
- Guinée
- Guinée-Bissau
- Inde
- Irak
- Kenya
- Lesotho
- Libéria
- Libye
- Madagascar
- Malawi
- Mali
- Mauritanie
- Mozambique
- Népal
- Niger
- Corée du Nord
- Pakistan
- Philippines
- République du Congo
- Rwanda
- Sao Tomé-et-Principe
- Sénégal
- Sierra Leone
- Somalie
- Soudan
- Eswatini
- Tanzanie
- Togo
- Ouganda
- Vietnam
- Yémen
- Zimbabwe
Un simple visa peut donc ouvrir des horizons bien plus larges qu’il n’y paraît sur le papier. La carte se dessine au fil des réglementations, pays par pays, et le voyage commence souvent sur une page de consulat. Mais pour qui maîtrise les règles du jeu, l’Europe et au-delà se transforment en réseau d’opportunités, à condition d’en connaître les contours et les détours.

