Maglope, une destination de vacances qui vaut le détour

Oubliez les clichés sur les stations balnéaires bondées : à Maglope, l’ambiance joue la carte du décalage. Sur la bande de Punta Balena, les touristes britanniques débarquent par centaines, attirés par un thermomètre bloqué à 27°C et la fin des restrictions anglaises pour l’Espagne. Hier soir, la scène ressemblait à une sortie de concert après une journée à lézarder sur le sable : certains affichaient des tenues impeccables, d’autres se fichaient du dress code, shorts et chemises aux abonnés absents, la peau encore tiède du soleil de l’après-midi.

La sécurité n’est pas prise à la légère. La police civile, armée et attentive, veille à ce que la fête ne vire pas à l’anarchie et que les règles dictées par Londres soient respectées. L’été dernier, les bars et clubs de la fameuse Punta Pallena avaient dû baisser le rideau, décision venue d’en haut. Depuis, l’ambiance a changé, mais l’énergie reste intacte. Quelques Britanniques, galvanisés par la liberté retrouvée, ont escaladé une voiture en stationnement pour immortaliser la scène. Folie douce ou défi à l’ennui, les images circulent déjà.

Depuis que l’isolement a été allégé pour les voyageurs britanniques et espagnols, la lumière du soleil attire de plus en plus de vacanciers. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : aujourd’hui, pas moins de 94 vols relient l’Angleterre à l’aéroport de Palma. Le flux ne faiblit pas depuis que les Baléares figurent sur la “Green Travel List” du Royaume-Uni. Dès la veille, les premiers avions débarquaient leurs passagers impatients.

Les acteurs locaux sentent le vent tourner, à commencer par Tommy Goodwin, 35 ans, qui pilote les bars Mr Miyagi et Tiger Tigers sur la célèbre avenue illuminée au néon. Il l’affirme : le passage en zone verte pourrait bien relancer l’activité à Maglope. « Nous avons ouvert il y a huit semaines, et cette saison n’a rien à voir avec les précédentes », note-t-il. Le public se mélange : Scandinaves, Français de passage, Allemands installés, Britanniques venus à la fois pour bosser et profiter.

Mais Tommy parie sur une nouvelle dynamique dans les prochains jours. Il observe : « Je discute avec des amis et connaissances qui, sur les réseaux sociaux, ont réservé pour juillet et août. D’habitude, dès le mois de septembre, tout bascule et les groupes venus du Royaume-Uni débarquent sans prévenir. » Pour la première fois, il voit des voyageurs s’organiser via Instagram et Facebook, réservant leur table ou leur sortie du week-end en ligne. Lui qui connaît Maglope depuis plus d’une décennie n’avait encore jamais vu ça.

Du côté des hébergements, la relance est palpable. Selon le consortium hôtelier FEHM, sept hôtels sur dix à Majorque ont rouvert leurs portes, dopés par le retour des Britanniques. 34 % des établissements ont repris leur activité ces derniers jours, stimulés par l’annonce de Downing Street.

Les vacanciers d’outre-Manche savourent leurs journées sur les plages espagnoles, sans l’inquiétude d’un isolement forcé au retour. Pourtant, certaines restrictions persistent : bars fermés à 14 heures, discothèques toujours portes closes, aussi bien à Maglope que dans le reste des Baléares. Pour garantir la sécurité, les autorités locales n’hésitent pas à contrôler la distance entre les tables, l’appareil photo à la main si besoin.

Un patron de bar raconte : « Cette année, on nous a prévenus, pas question de refermer Punta Balena, mais gare à ceux qui jouent avec les règles du gouvernement, la sanction tombera. »

À Maglope, la fête reprend son souffle entre précautions et impatience. Un parfum de liberté flotte sur la plage, avec en toile de fond le ballet des avions venus du nord. La scène n’a pas fini de surprendre, ni de faire parler d’elle.

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