La vraie hauteur du Corcovado et ce qu’elle cache

L’histoire aime parfois défier les chiffres officiels : la hauteur exacte du Corcovado ne fait pas de bruit, mais elle soulève autant de discussions que la silhouette du Christ qui le domine.

Impossible d’évoquer Rio sans penser à l’immense silhouette du Christ Rédempteur, bras écartés sur la ville, perché au sommet du Corcovado. Figure majeure de l’Art Déco, cette statue ne passe pas inaperçue : 38 mètres d’acier et de pierre, chaque bras déployant à lui seul 88 mètres carrés de surface. Et pourtant, au-delà de l’image de carte postale, rares sont ceux qui connaissent le vrai parcours de ce monument devenu l’un des symboles les plus visités du Brésil. Il y a bien plus à découvrir derrière les clichés que l’on croit connaître.

L’histoire du Christ Rédempteur

Aux origines d’une idée grandiose

Le premier à vouloir dresser un monument religieux au sommet du Corcovado ne fut pas un architecte, mais un prêtre : en 1859, le père lazariste Pierre-Marie Boss imagine déjà un symbole géant sur la colline surplombant Rio. Il consigne son rêve dans un ouvrage publié en 1903, “Imitação de Cristo”, et la vision est sans détour : “Ou Corcovado ! … Le géant de Pedra, Alcantilado, Altaneiro et triste, comme interroger l’horizon imenso, Quando virá ? Il y a tellement d’années que j’espère ! Sim, voici le seul piédestal au monde. Quand voyez-vous státua, comme eu, l’image colossale de Quem me Fès ?”

Les décennies passent sans que rien ne bouge, jusqu’à ce que le centenaire de l’indépendance du Brésil approche, en 1922. Un concours est lancé pour choisir le projet : Heitor da Silva Costa l’emporte, mais une condition reste non négociable, seuls les dons des Brésiliens financeront le chantier. Une série de campagnes de collecte s’organise, avec même une demande officielle adressée au président Epitácio Pessoa pour autoriser la construction. À la fin, près de 9,5 millions de reais sont réunis, exclusivement grâce à la générosité de la population.

De la planche au sommet : la réalisation du projet

Le Christ que l’on connaît aujourd’hui est le fruit du travail combiné de trois créateurs : le designer Heitor da Silva Costa, le peintre Carlos Oswald et le sculpteur Maximilian Paul Landowski. La statue, typique de l’Art Déco, s’étire sur 38 mètres de haut, soit la taille d’un immeuble de treize étages. Sur cette hauteur, 30 mètres reviennent à la statue elle-même, les huit derniers constituant le piédestal. Les bras, véritables prouesses techniques, recouvrent chacun 88 mètres carrés ; le pied, quant à lui, mesure 1,35 mètre. L’ensemble pèse environ 1 145 tonnes, dont 30 rien que pour la tête.

Quelques éléments seulement ont été façonnés hors du Brésil : les mains et la tête, réalisées à Paris, tandis que le reste du corps a été construit sur place, à partir de pierre à savon taillée, collée à la main sur une armature en béton armé. Le monument a été pensé pour défier les bourrasques les plus violentes, capable de résister à des vents atteignant 250 km/h.

Neuf années s’écoulent entre le début de la construction en 1922 et l’inauguration, le 12 octobre 1931, lors des célébrations de la fête de Notre-Dame Aparecida.

Un classement parmi les nouvelles merveilles du monde

Le destin du Christ Rédempteur s’amplifie encore en 2007, lorsqu’une organisation suisse orchestre un vote mondial pour désigner les Sept nouvelles merveilles du monde. L’évaluation prend en compte la beauté, la complexité, la portée historique, la signification culturelle et la prouesse architecturale. Plus de 100 millions de personnes participent, via Internet et téléphone, à ce scrutin planétaire impliquant 200 monuments.

L’annonce des résultats a lieu le 7 juillet 2007 au stade de la Luz, au Portugal. Le Christ Rédempteur rejoint ainsi six autres sites d’exception :

  • Le Colisée de Rome (Italie)
  • Chichen Itza (Mexique)
  • Machu Picchu (Pérou)
  • La Grande Muraille de Chine (Chine)
  • Les ruines de Petra (Jordanie)
  • Le Taj Mahal (Inde)

Accéder au Christ Rédempteur : mode d’emploi

Le monument trône au sommet du Morro do Corcovado, au cœur du parc national de Tijuca. Pour y accéder, plusieurs options : la voiture, la navette ou le train, qui serpente à travers la forêt atlantique jusqu’au sommet. Les billets d’entrée varient selon la saison et sont disponibles sur le site de Paineiras Corcovado.

Pour explorer Rio et découvrir le Christ Rédempteur ainsi que d’autres lieux emblématiques, choisir un hébergement bien situé facilite la visite. Le réseau Rede Rio propose trois établissements au centre-ville, à proximité des axes de transport et des principaux sites touristiques. Pour plus d’informations, il suffit de consulter leur site.

Le Corcovado, c’est plus qu’un sommet ou une silhouette dans la brume : c’est un point d’ancrage, entre ciel et ville, où la démesure humaine rencontre l’horizon. Reste à imaginer qui, demain, osera rêver plus haut.

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