Aux origines des premiers Américains : qui étaient-ils vraiment ?

Des chiffres bruts, pas de place pour l’interprétation : les voyageurs internationaux affichent une envie croissante de repartir à l’étranger, d’après le dernier rapport trimestriel de l’« Observatoire » de Global Blue, premier fournisseur mondial de détaxe. Les frontières encore en suspens n’ont pas freiné l’appétit d’évasion, elles l’aiguillonnent.

L’enquête menée en octobre 2020 par Global Blue auprès de 16 000 acheteurs internationaux, issus de zones où la consommation atteint des sommets (Chine, Asie du Sud-Est, Moyen-Orient, Russie, États-Unis), révèle une progression nette : 66 % des répondants se disent prêts à voyager dès la levée des restrictions, contre 60 % en juillet et 50 % en juin 2020. Les chiffres montent, les envies ne fléchissent pas.

Pour les acteurs du tourisme européen, ce sont les Américains et les Russes qui semblent se positionner en première ligne. D’après les données recueillies, 65 % des acheteurs américains se déclarent confiants pour visiter l’Europe dès que les frontières rouvrent. Leur goût du voyage ne s’est pas émoussé, bien au contraire.

Un coup d’œil vers l’Amérique latine illustre cette tendance : grâce à des restrictions relativement légères, les États-Unis ont quasiment retrouvé, en octobre, 80 % du niveau d’arrivées de 2019, principalement à destination du Mexique.

La dynamique se retrouve aussi chez les Russes : 50 % des acheteurs issus de Russie se disent prêts à parcourir l’Europe. Dès l’ouverture du « corridor touristique » entre la Turquie et la Russie, les réservations aériennes vers la Turquie ont bondi de 5,2 % par rapport à l’année précédente, début août 2020. Le mouvement est enclenché, les valises sont prêtes.

Autre catégorie à surveiller de près : les voyageurs internationaux qui ont dépensé plus de 40 000 euros sur les marchés au cours des deux dernières années, ainsi que ceux ayant réalisé plus de trois voyages sur la même période. Ces profils « élite » et « fréquents » témoignent d’une intention de reprendre la route, à peine les premières restrictions levées.

Pour le second trimestre consécutif, ces deux segments affichent une détermination renforcée : 72 % déclarent qu’ils voyageront dès la fin des quarantaines, soit une hausse de 5 points par rapport à juillet. La dynamique est encore plus forte en Chine (73 %), au Moyen-Orient (92 %) et frôle les 100 % en Russie. Les commerçants européens qui visent cette clientèle ont des raisons de miser sur leur retour.

Si l’on observe maintenant l’Asie, plusieurs facteurs pourraient accélérer la reprise des destinations locales auprès des voyageurs chinois et d’Asie du Sud-Est. La gestion rapide de la pandémie dans la région et l’allègement progressif des restrictions créent un terrain propice.

Les résultats de l’étude sont clairs : 50 % des acheteurs chinois et 66 % de ceux venus d’Asie du Sud-Est estiment que les destinations asiatiques offrent davantage de sécurité, contre 15 % et 25 % seulement pour l’Europe. Le contraste est saisissant.

Sur le terrain, les accords bilatéraux de circulation facilitent la reprise. Exemple : les voyageurs loisirs de Chine continentale et de Hong Kong peuvent aujourd’hui se rendre à Singapour sans quarantaine. Cette évolution pourrait encore renforcer la tendance à voyager dans la région, d’autant que le trafic aérien intérieur vers la Chine a retrouvé, depuis août 2020, ses niveaux de 2019, selon les données Forwardkeys.

Mathieu Grac, vice-président Intelligence de Global Blue, se veut résolument optimiste. Il note : « Voir ce désir intact chez les acheteurs internationaux est encourageant. Même en pleine tempête sanitaire, l’espoir se maintient. Les chiffres de cette étude, couplés à l’annonce d’un vaccin efficace et à la réouverture progressive des couloirs touristiques, notamment dans la zone Asie-Pacifique, pourraient bien préparer le terrain à une relance solide du commerce international en 2021. »

Mais le retour de ces voyageurs, notamment ceux à fort pouvoir d’achat ou habitués des longues distances, impose de nouvelles exigences aux professionnels du secteur. Les détaillants devront s’adapter : solutions numériques pour la détaxe, limitation des contacts, hygiène irréprochable… la liste des attentes s’allonge et dessine une nouvelle normalité.

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La ligne d’horizon se dégage peu à peu. Les voyageurs n’ont jamais été aussi proches de refaire leurs valises. Le secteur du tourisme n’attend plus qu’un signe pour rebrancher les moteurs, et ce signal, selon toutes les données, pourrait retentir plus tôt qu’on ne l’imagine.

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