Saint-Pétersbourg, trois siècles d’histoire, un héritage bâti par Pierre le Grand. Ici, l’architecture baroque et néoclassique s’étale à chaque coin de rue, témoin vivant d’une Russie qui n’a jamais cessé d’honorer sa culture. Connue sous le nom de Léningrad pendant l’ère soviétique, la ville attire les voyageurs du monde entier, magnétique, dynamique, toujours fidèle à elle-même.
Reportage texte : Katerina Rigou ([email protected])
Pourquoi choisir Saint-Pétersbourg ?
Impossible de passer à côté : on la dit la plus belle ville de Russie, certains affirment même la plus belle du monde. Trois cents ans d’histoire sur les épaules, Saint-Pétersbourg incarne ce musée à ciel ouvert dont la Russie a le secret. C’est la capitale culturelle du pays, une cité historique restée intacte, et le bastion du ballet mondial.
Posée sur les bras de la Neva, reliée à la Baltique, la ville s’étend sur un archipel de petites îles, séparées par un réseau dense de canaux, naturels ou creusés par la main de l’homme, reliés par plus de 300 ponts. Pas étonnant qu’on la surnomme la « Venise du Nord ». Tout son centre est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, un gage de beauté et de préservation, partagé par certaines de ses banlieues.
On l’appelle aussi la « capitale du Nord » : une exposition permanente de palais baroques, d’avenues larges, de parcs soignés, de statues et de monuments grandioses. Dans cet écrin, l’histoire et l’art dialoguent sans cesse. Visiter Saint-Pétersbourg, c’est vivre une expérience qui marque, parce que la ville cherche sans relâche cet équilibre fragile entre son passé tumultueux et ses rêves d’avenir. L’Europe a mille visages, et ici, c’est une facette unique qui s’offre au visiteur.
Quelle est l’incontournable de Saint-Pétersbourg ?
Impossible d’ignorer l’Ermitage, joyau absolu. Ce musée, installé dans l’ancien palais d’hiver de Catherine la Grande, est un monument en soi. Il illustre la grandeur du patrimoine russe, tant par son architecture que par sa collection. Le bâtiment principal, surnommé la Renaissance verte, fait partie intégrante du complexe.
À l’intérieur, ce sont des trésors qui s’accumulent : chefs-d’œuvre de la peinture, antiquités égyptiennes, grecques, romaines, et la plus vaste galerie de peintures classiques et préclassiques du globe. Admirer toutes les pièces relève de l’exploit : si l’on s’attardait trente secondes sur chaque œuvre majeure, il faudrait deux ans pour tout voir. Quatre ans supplémentaires, si vous teniez à tout examiner.
Que voir d’autre à Saint-Pétersbourg ?
Palais, églises, statues, bâtiments monumentaux… La capitale du Nord regorge de monuments et de sites culturels. La ville est un musée en mouvement, témoin de l’histoire russe et de sa tradition orthodoxe, un bijou d’architecture et d’art.
Pour prendre la mesure de la cité, rien de tel qu’une balade en bateau sur ses canaux, où la lumière dessine une atmosphère presque irréelle. Parmi les lieux à ne pas manquer figurent la cathédrale Saint-Isaac, visible de loin, l’incontournable Ermitage, la plus ancienne église Pierre-et-Paul, la forteresse polygonale du même nom et la place du Palais, cœur névralgique de la ville.
Autre emblème : le Cavalier de bronze, œuvre du sculpteur français E.M. Falcone, érigée sur ordre de Catherine la Grande. Cette statue de Pierre le Grand trône depuis 1782 devant le temple Saint-Isaac, sur les rives de la Neva. Impossible d’ignorer la fameuse église du Sang-Versé, bâtie à l’endroit même où Alexandre II fut assassiné. L’édifice frappe par ses mosaïques, ses fresques colorées et ses coupoles scintillantes.
Derrière la place du Palais, on découvre le Théâtre Mariinsky, haut lieu de l’opéra et du ballet russe. Cet édifice, connu dans le monde entier, était le cœur de la vie mondaine avant la Révolution. Aujourd’hui encore, il accueille les plus grands artistes sur scène.
Le métro de la ville mérite une visite : décorations raffinées, lustres en cristal, œuvres d’art, il rivalise avec les plus beaux palais. Un transport en commun qui tient du musée souterrain.
Ce qu’il faut savoir avant de partir
Un visa touristique permet de rester jusqu’à 30 jours. Pensez à échanger de l’argent : le rouble est la monnaie locale. Même si cartes de crédit et paiements électroniques sont largement acceptés, disposer d’espèces facilite bien des démarches (1 € équivaut à environ 69,5 roubles). Côté langue, pas d’inquiétude : dans les lieux touristiques, l’anglais est courant et le personnel serviable.
Quant à la sécurité, Saint-Pétersbourg affiche un taux de criminalité faible comparé au reste du pays. Pas de zones à éviter, pas de quartiers à risques. La ville est aussi sûre que n’importe quelle grande capitale européenne, à l’exception de faits isolés qui restent rares.
Quel budget prévoir ?
Si la réputation de ville chère lui colle à la peau, la réalité est plus nuancée. Le coût de la vie à Saint-Pétersbourg reste modéré en comparaison avec d’autres métropoles européennes. Hors vols et hébergement, prévoyez un minimum de 350 € par personne pour cinq nuits sur place. Les achats éventuels feront grimper la note, mais globalement, la ville ne ruine pas ses visiteurs.
Repas, sorties, billets pour les musées et monuments : tout reste accessible pour les voyageurs venus d’Europe de l’Ouest. Comptez moins de 1 000 € tout compris (vols, hébergement, activités) pour un séjour confortable. Et il est toujours possible de dépenser moins, selon vos envies.
Où loger à Saint-Pétersbourg ?
Le choix d’hébergements est vaste, des auberges abordables aux hôtels cinq étoiles. Tous les budgets trouvent chaussure à leur pied.
Quelques adresses à considérer
Solo Sokos Hotel Palace Bridge : Sur l’île Vasilyevsky, ce cinq étoiles propose spa et confort, à deux pas de l’Ermitage et de la perspective Nevsky. Note clients : 8,5. À partir de 99 € la chambre double sans petit-déjeuner. (Birzhevoy Pereulok 2-4, district Vasileostrovskiy)
Hotel Moskva : Situé près de la perspective Nevsky, cet établissement quatre étoiles séduit par ses chambres accueillantes et ses cinq restaurants, dont un avec vue panoramique. Station de métro à 50 mètres. Dès 62 € la double, petit-déjeuner inclus. (Pl. Alexandra Nevskogo 2, district Tsentralny)
Akyan St. Petersburg : Parfaitement situé en centre-ville, dans un bâtiment historique à 5 minutes de la perspective Nevsky. Note clients : 9,3. À partir de 85 € la chambre double avec petit-déjeuner. (Ulitsa Vosstaniya 19, district Tsentralny)
Bon à savoir : Pour les budgets serrés, le Russ Hotel, noté 8, propose des chambres propres, bien placées, à partir de 34 € la double avec petit-déjeuner. (Finlyandskaya Ulitsa, 3, Kolpino)
Où manger ?
Saint-Pétersbourg regorge de restaurants : cuisine internationale, européenne, mais la gastronomie russe mérite qu’on s’y attarde. Laissez-vous tenter par les adresses de rue réputées pour leur authenticité.
Quelques recommandations :
Le restaurant Dom (quai de la rivière Moika, 72) propose une cuisine russe moderne ; Katyusa (Nevsky Prospekt 22/24) mise sur les recettes locales, tandis que Gras (rue Inzhenernaya, 7) séduit par son élégance. Pour une touche d’ailleurs, Pkhali, khinkali (avenue Veteranov, 160) sert des plats russes, géorgiens et d’Europe de l’Est.
La cuisine russe : un vrai goût d’ailleurs
Riche, variée, la cuisine russe s’impose parmi les plus reconnues d’Europe. Elle s’appuie sur des céréales, des légumes, du poisson, des viandes et des produits typiques comme le sarrasin, le caviar, l’avoine. On la dit « lourde », mais elle s’adapte au climat, réconfortante et généreuse.
Le blini, sorte de crêpe servie partout, s’accompagne aussi bien de caviar que de caramel, de champignons ou de hareng. Parmi les incontournables figurent les pirojki aux garnitures multiples, la soupe Bortsch (chaude ou froide), la salade russe Olivier et le fameux filet Zachanov, plat populaire depuis l’époque de Pierre le Grand.
Les cornichons sont un apéritif répandu, à savourer avec de la vodka glacée ou du vin rouge. L’accord est parfait, simple et efficace.
Se déplacer en ville
Le métro reste le moyen de transport le plus pratique. Cinq lignes, près de 70 stations, la plupart traversant le centre, permettent de circuler facilement entre la ville et la banlieue.
Deuxième plus grand réseau du pays après Moscou, il est aussi le plus profond du monde. La station Admiralteyskaya plonge à 105 mètres sous terre ! Plus de 3 millions de voyageurs l’empruntent chaque jour, et beaucoup s’y arrêtent pour admirer la décoration. Un ticket coûte 25 roubles, peu importe la distance. Attention cependant, les noms des stations ne sont indiqués qu’en russe et les photos à l’intérieur sont interdites.
Voyages organisés et circuits
De nombreuses agences proposent des circuits réguliers vers Saint-Pétersbourg, souvent en combinaison avec Moscou. Les formules varient selon la durée, les options de vol, d’hébergement, et les visites incluses, mais restent abordables pour un voyageur occidental.
Exemple concret : Un séjour de 9 jours en Russie inclut Moscou, Zagorsk, les villes de l’Anneau d’or (Vladimir, Souzdal), et bien sûr Saint-Pétersbourg. Pour 945 € par personne, sont compris les vols directs depuis Athènes, l’hébergement en hôtels 4 étoiles, la demi-pension, une croisière sur la Neva, les vols internes, et des excursions vers les principaux sites.
Sortir à Saint-Pétersbourg
La ville s’est imposée comme une capitale de la bière en Russie : cafés en terrasse, bars animés, la variété est au rendez-vous. Mention spéciale à la Baltica, brassée localement et souvent citée parmi les meilleures. Côté nuit, le cœur de la fête bat sur la perspective Nevsky, où clubs et bars se succèdent. Le Mishka est une adresse prisée, conviviale et abordable.
Un spectacle à ne pas manquer
Assister à une représentation au célèbre Théâtre Mariinsky reste une expérience inoubliable. La réputation mondiale de ses ballets n’est plus à faire. Les billets se trouvent facilement auprès des points de vente disséminés en ville.
Quelles conditions météo ?
Le climat est continental humide : l’été arrive brièvement, chaud et moite, avec des températures agréables, parfois jusqu’à 30°C. L’hiver s’impose long, froid, avec des moyennes de -5°C et des descentes jusqu’à -14°C.
À quel moment partir ?
L’image de la Russie hivernale colle à la peau du pays. Pourtant, pour visiter Saint-Pétersbourg, mieux vaut éviter les mois les plus froids : le climat est rude, la neige abondante, ce qui peut déstabiliser les voyageurs venus de contrées plus tempérées.
La période idéale, c’est l’été. Les températures sont douces, le ciel se fait complice… et surtout, la ville célèbre ses célèbres « nuits blanches » à la fin juin, lorsque le soleil refuse de se coucher. On vit alors hors du temps, au rythme d’une lumière qui ne faiblit jamais.
Seul bémol, les touristes affluent en nombre à cette saison, surtout en juin. L’hiver a aussi son charme, à condition d’être prêt à affronter le froid et la neige.
Le marché du shopping
Depuis la chute du communisme, Saint-Pétersbourg s’est ouverte : aujourd’hui, ses boutiques et ses grands magasins évoquent une cité européenne, notamment sur la lumineuse perspective Nevsky.
Les grandes marques européennes et américaines sont présentes, souvent à des tarifs attractifs. C’est aussi le paradis pour ramener du cuir, des bijoux, du lin ou encore des enregistrements de musique classique, spécialités du pays.
Pour les amateurs de produits typiquement russes, impossible de repartir sans caviar ni vodka. Les souvenirs traditionnels, barrioskas et bambushs, séduisent les visiteurs en quête d’authenticité.
À vivre absolument
Si vous êtes à Saint-Pétersbourg en juin, ne ratez pas les « nuits blanches ». Ce phénomène, dû à la latitude de la ville (60° Nord, à l’instar des pays nordiques), transforme le ciel en un tableau où la nuit ne tombe jamais vraiment. L’expérience imprime des souvenirs durables.
Source : Icones Travellers
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Saint-Pétersbourg, les nuits blanches, la lumière qui repousse l’obscurité… Ici, le voyageur comprend que certaines villes ne s’apprivoisent pas, elles se vivent. Le reste, c’est à vous de l’inventer.

