On prépare un mariage avec un conjoint indonésien, on envisage un semestre d’études à Jakarta, ou on cherche un permis de travail pour s’installer à Bali : dans chaque cas, le premier réflexe est de contacter l’ambassade d’Indonésie à Paris. Le problème, c’est que les démarches varient selon le motif du séjour, et que les règles ont bougé récemment, notamment sur la reconnaissance des mariages religieux et la dématérialisation des visas.
Transcription consulaire d’un mariage indonésien : une étape que beaucoup découvrent trop tard
La situation la plus fréquente concerne les couples franco-indonésiens qui se marient en Indonésie (souvent à Bali ou à Jakarta) et pensent que leur acte de mariage sera automatiquement valable en France. Ce n’est plus le cas.
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L’ambassade d’Indonésie à Paris a clarifié en 2025 que les mariages religieux indonésiens ne sont plus reconnus en France sans transcription consulaire préalable. Concrètement, un mariage célébré devant un imam ou un pasteur en Indonésie ne suffit pas : il faut d’abord obtenir un acte de mariage civil indonésien, puis le faire transcrire auprès du consulat de France à Jakarta.
Sans cette transcription, le conjoint indonésien ne peut pas demander de visa de regroupement familial, et le mariage n’a aucune valeur juridique sur le territoire français. On voit régulièrement sur les forums des couples bloqués à ce stade, parfois plusieurs mois après la cérémonie.
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Documents à rassembler pour la transcription
- L’acte de mariage civil délivré par le KUA (Kantor Urusan Agama) ou le Catatan Sipil, selon que le mariage est musulman ou non
- Une copie intégrale de l’acte de naissance du conjoint français, datée de moins de six mois
- Le certificat de capacité à mariage (CCAM), obtenu auprès de l’ambassade de France à Jakarta avant la cérémonie
- La traduction assermentée en français de tous les documents indonésiens
Le point critique, c’est le certificat de capacité à mariage. Il doit être demandé avant la célébration, pas après. Les retours varient sur les délais de délivrance, mais on parle de plusieurs semaines entre le dépôt du dossier et l’obtention du CCAM.

Visa de conjoint et e-Visa : ce qui a changé depuis 2024
Une fois le mariage transcrit, le conjoint indonésien peut demander un visa pour la France, et inversement, le conjoint français peut solliciter un visa de séjour long en Indonésie. C’est sur ce second volet que la procédure a évolué.
Depuis 2024, l’Indonésie a mis en place une procédure simplifiée via l’application e-Visa pour les visas de conjoint étranger. On n’est plus obligé de se déplacer physiquement au bureau de l’immigration à Jakarta pour chaque renouvellement. La demande initiale de KITAS (Kartu Izin Tinggal Terbatas, le permis de séjour temporaire) se fait désormais en partie en ligne.
Pour le conjoint français qui souhaite vivre en Indonésie après un mariage, le KITAS conjoint reste le titre de séjour de référence. Il est renouvelable annuellement et ouvre droit à la résidence, mais pas automatiquement au travail.
KITAS conjoint et droit de travailler en Indonésie
Avoir un KITAS de conjoint ne donne pas de permis de travail. Si on veut exercer une activité professionnelle en Indonésie, il faut obtenir un IMTA (Izin Mempekerjakan Tenaga Kerja Asing) via un employeur sponsor. Les retours d’expatriés indiquent que les refus de permis de travail pour conjoints ont diminué depuis un assouplissement des quotas en 2025, surtout à Bali et Java.
Travailler à distance depuis Bali avec un simple KITAS conjoint reste une zone grise. Les restrictions récentes sur les emplois numériques nomades compliquent la situation pour les Français qui combinent télétravail et vie familiale en Indonésie. L’ambassade d’Indonésie à Paris ne délivre pas de conseil juridique sur ce point, mais oriente vers les bureaux de l’immigration locale.
Visa étudiant en Indonésie : démarches à l’ambassade pour un projet d’études
Le visa étudiant (visa VITAS 317) concerne les Français inscrits dans une université indonésienne ou dans un programme d’échange. La demande se fait directement auprès de l’ambassade d’Indonésie à Paris, avec une lettre d’acceptation de l’établissement indonésien.
On observe une hausse des demandes de visas étudiants liée à des partenariats universitaires entre l’Indonésie et l’Union européenne. Ces accords facilitent les inscriptions, mais le dossier de visa reste à constituer individuellement auprès de l’ambassade.
Pièces demandées pour un visa étudiant indonésien
- Passeport valide au moins dix-huit mois après la date d’entrée prévue
- Lettre d’acceptation de l’université indonésienne
- Justificatif de moyens financiers suffisants pour la durée du séjour
- Certificat médical récent
- Formulaire de demande de visa complété en ligne sur le portail e-Visa
Le visa étudiant donne droit à un KITAS étudiant, renouvelable. Il n’autorise pas le travail salarié, mais certaines universités proposent des stages encadrés.

Ambassade d’Indonésie à Paris : horaires, rendez-vous et erreurs fréquentes
L’ambassade d’Indonésie se trouve au 47-49 rue Cortambert, dans le 16e arrondissement de Paris. Pour toute demande de visa ou de légalisation de documents, un rendez-vous préalable est nécessaire. Les créneaux se prennent en ligne et partent vite, surtout en période estivale.
L’erreur la plus courante : se présenter avec un dossier incomplet. Une copie manquante, une traduction non assermentée ou un formulaire mal rempli entraîne un report de plusieurs semaines. On gagne du temps en vérifiant chaque pièce avant de se déplacer.
Autre piège fréquent pour les couples mixtes : confondre les compétences de l’ambassade d’Indonésie (qui traite les visas pour l’Indonésie et la légalisation de documents indonésiens) avec celles du consulat de France à Jakarta (qui gère la transcription des mariages et les visas pour la France). Chaque administration a son périmètre, et un dossier envoyé au mauvais guichet repart à zéro.
Que le projet soit un mariage, une inscription universitaire ou une installation professionnelle, le fil conducteur reste le même : anticiper la constitution du dossier, vérifier la validité de chaque document, et ne rien poster sans confirmation de l’ambassade compétente. Les délais administratifs entre Paris et Jakarta laissent peu de marge pour les corrections de dernière minute.

